SPELEOLOGIE, CANYON, ESCALADE, VIA CORDATA
Participants :
SCT : Laurent, Félicie, Jean-Mi, Mélanie
ACVR : Luc
Le Gouffre du Berger se situe sur la commune d'Engins et est soumis à une réglementation ultra stricte, pour des raisons de sécurité.
Le réseau compte 11 entrées connues et s'étend sur plus de 45 km!!!!
Il est découvert en 1953 par Jo Berger et son équipe et en 1955 et est le premier -1000m mondial.
Le 26 octobre 1953, il est établi grâce à la coloration des eaux que celui-ci est en correspondance avec les cuves de Sassenage, situées plusieurs kilomètres à l'est et à plus de mille mètre en contrebas.
Le 15 février 1981, Fred Poggia atteint la profondeur de -1198m.
Le 29 décembre 2024, le monde de la spéléologie est en émoi après la première jonction entre le gouffre du Berger et le réseau de la Fromagère : Cédric Lachat et David Parrot et leur équipe sont parvenues à connecter ces 2 immenses cavités à -1000m sous la surface.
Le Berger 2025, c'est :
- 500 inscrits présents ou de passage sur le camp
- 163 étrangers de 16 pays différents
- 400 descentes dans le gouffre du Berger
- 1600m de cordes consommées
-Près de 600 repas servis par une 10zaine de bénévoles
(source Rémy Limagne)
Au niveau du SCT :
Depuis quelques années, le club participe au "camp Berger", ce qui nous a permis, pour la 1ère fois, de s'y inscrire et de rejoindre les autres "Aragnous" (objectif -1000m) sur Méaudre.
Un grand merci d'avoir cru en nous et de nous avoir poussé tout au long de l'année sur les sorties et les entrainements qui nous ont permis d'atteindre notre objectif des Couffinades.
Depuis quelques mois, nous préparons, chacun de notre côté les entrainements pour cette exploration et le jour J est arrivé : nous avons bénéficié d'un briefing, la veille, organisé sur le camp du Berger par Rémy Limagne, un des organisateurs. Nous avons écouté les recommandations essentielles en terme de sécurité pour cette descente aussi mystique qu'incroyable.
La nuit a été bonne mais courte pour tous, tant l'adrénaline est à son paroxysme : levé 6H30 pour un rdv à 8h30 sur la parking des Molières : à cette heure, nous avons croisé 1 marmotte😂 et les vaches du plateau, peu pressées de traverser la route.
Nous retrouvons Félicie et Jean-Mi et nous nous préparons pour une marche d'approche de 3,5km😁 L'ambiance est bonne et détendue, les paysages de la Molière incroyables.
Arrivés devant le gouffre, nous enfilons notre tenue : il est 10H. Félicie nous donne le top départ.
Luc s'engage, suivi par moi, Jean-Mi quand soudain Félicie nous annonce qu'elle a oublié son descendeur : elle est forfait🤔😥.
Notre moral prend cher car elle avait la connaissance et l'expérience sur ce gouffre : nous nous retrouvons entre 4 "bleus" : elle nous souhaite un bon Berger et c'est en demi teinte que nous entamons cette exploration.
Enchainement des puits du Berger pour notre exploration :
Doline d'entrée : P8
Puits Ruiz : 27m
1ère Série de méandres diaboliques, étroit glissants avec ou sans main courante, à passer en opposition au dessus du vide.
Ressaut Holiday : 10m
Puits du Cairn : 25m
Puits Garby : 38m
2ème série de méandre étroits et aussi merdiques à passer que les premiers.
Puits Gontard : 30m
Ressauts Aldo : 25m
Puits Aldo : 42m
Série de ressauts de 5m
Il est à noter que les puits sont équipés en double : cela permet de fluidifier les "montées/descentes". De préférence, nous avons choisi les équipements sans fractionnement car plus rapide, pas "plein vide" et moins de manipulations techniques.
Notre exploration se déroule parfaitement même si cet enchaînement ne nous laisse pas indifférents quant à leur volumes : il faut l'avouer : c'est impressionnant!
La fin des puits marque le passage de la 1ère étape. Nous arrivons sur la partie "randonnée" : plus de gros puits mais une marche le long de la rivière, entrecoupée de blocs rocheux et un dénivelé plus pénible que ce que nous avions envisagé.
C'est spectaculaire car nos lumières n'arrivent pas à éclairer l'ensemble du volume et pire que tout, certains passages sont des savonnettes à l'état pur.
Nous progressons à des vitesses différentes : à ce stade, nous fonctionnons en 2 binômes : Luc/Mélanie et Laurent/Jean-Mi.
Luc et moi attendons, régulièrement le 2ème binôme pour rester en équipe.
Nous passons le lac Cadou (à sec et très gadoueux), puis au niveau de la Cascade du Général, il y a un embouteillage spectaculaire de descentes/remontées entre français et espagnol : nous optons pour une pause déjeuner, histoire d'optimiser le temps. Elle sera courte car à cette profondeur, nous nous refroidissons très rapidement.
L'exploration reprend tranquillement et nous continuons sur le "Grand Eboulis".
Nous arrivons au camp succinct, prévu pour les explorateurs épuisés.
Notre marche nous amène, à -500m, sur la magnifique "Salle des 13". Malheureusement les gours sont à sec mais c'est concrétionné et joli.
Quelques photos mais pas le temps de traîner, nous avançons, bien que la fatigue commence à se faire ressentir : il est 14h30.
Nous descendons à la salle Germain car nous voulons absolument voir le "Vagin" et son eau qui coule dans un vacarme impressionnant. C'est magnifique!
Nous progressons doucement dans un réseau très concrétionné et plus humide : il nous conduit naturellement au "Vestiaire", début du réseau aquatique et engagé du Berger.
Après ce panneau, démarre le réseau des Couffinades, objectif que nous nous étions fixés.
Après quelques brefs échanges, nous décidons de nous y engager.
Le départ est une vire aérienne, magnifique au dessus d'une salle richement concrétionnée : l'eau est omniprésente.
Au bas du rappel, il est décidé de faire une pause, afin de reprendre des forces : je m'empresse de déguster mon gâteau "nougat/framboises/amandes acheté 24h, plus tôt dans notre boulangerie préférée de Méaudre : elle est en parfait état et absolument délicieuse.
Nous reprenons l'exploration et entamons la vire de la rivière : c'est physique, parfois en opposition, et Luc et moi sentons la fatigue arriver. Nous sommes à 80m de la salle terminale des Couffinades et nous décidons ensemble de stopper l'explo et de rebrousser chemin.
Jean-Mi et Laurent continue ensemble jusqu'à la salle des Couffinades.
Démarre alors, une attente interminable de 45mn pour Luc et moi : nous mangeons et sortons immédiatement nos ponchos de survie.....Le froid nous envahi et reprenons l'explo jusqu'à la salle des 13 pour nous réchauffer.
Re pause pour manger et se reposer : après 20 longues minutes, Laurent et Jean-Mi réapparaissent : ce n'est pas le moment d'en échanger mais nous savons que nous avons fait l'erreur commune de nous séparer.
Nous reprenons l'exploration, à des rythmes différents : Luc et moi devant, Laurent et Jean-Mi derrière : la fatigue est présente et jusqu'à la remontée, il faudra puiser essentiellement dans le mental.
La remontée est difficile et longue pour tous mais nous sortons tour à tour à OOh30 du gouffre du Berger, soit 14H d'exploration.
Nous allons renseigner le registre pour confirmer la sortie de notre groupe et constatons que l'équipe SCT 2 n'est pas encore sortie.
La marche retour et le trajet nous amène à 4h dans nos chaumières.
Nous sommes tous épuisés mais heureux de l'avoir fait!!!!
Une expérience physique et humaine, hors du commun que nous referons peut-être un jour!
Mélanie
TPST : 14h
Photos : Mélanie et 2 trouvées sur Internet et sans droit.
RECIT EXPLO du "BERGER - 1000M"
Participants :
SCT : Richard, Franck, Arthur
Escandaou : Eric
Après concertation et suite à la réunion de la veille où je nous avais inscrit en 1er position pour la descente, réveil à 4h45 samedi 9 août. Le matériel et kits étant déjà prêts, nous quittons le camping sans petit déjeuner pour ne pas faire de bruit.
La route de nuit semble longue et très sinueuse. 5h45 au parking du col de la Molière, nous prenons notre petit déjeuner et enchainons avec le lever du jour la marche d’approche jusqu'à l’entrée du gouffre.
Très vite équipé, nous commençons la descente. Pour Arthur et Franck c’est une grande première, pour Eric et moi c’est un retour vers ce grand gouffre. Pour nous 4 c'est surtout une belle et longue exploration qui nous attend.
Les puits s’enchaînent toujours aussi beaux entrecoupés par 2 méandres pas très durs mais techniques qui n’autorisent pas la chute.
Nous arrivons rapidement dans la grande galerie, toujours aussi surprenante par sa taille. Nous laissons un peu de nourriture et d’eau pour le retour.
Nous évoluons rapidement dans ses grands volumes et arrivons à la salle du camp et salle des 13 en moins de 3h. Tout profitant des paysages souterrains qui s’offrent à nous, nous poursuivons l’exploration vers le fond et ses passages plus techniques.
A l’entrée des Couffinades, un panneau nous rappelle que nous sommes à -650 et seulement maintenant commence les vrais difficultés. Nous enchainons sur les mains courantes, suivant la rivière qui dévale le canyon à quelques mètres sous nos pieds.
Quelques ressauts et nous voilà à - 700 dans le réseaux des cascades. Après quelques passages acrobatiques sur poulie, nous enchainons ressors et puits et arrivons à -900.
Les grands puits en roche noire et les cascades ne rappelle que nous approchons du fond et de notre éloignement avec la surface. Nous atteignons les -1000 avec le puits de l’ouragan et poursuivons la descente jusqu'à la rivière.
Objectif atteint en 5h30.
Nous sommes heureux. Nous ne trainons pas, la remonter va être longue et éprouvante
Richard