SPELEOLOGIE, CANYON, ESCALADE, VIA CORDATA
Exercise secours Sioux Blanc 24 et 25 mars
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Les Rampins Après un week-end sympathique passé à jouer avec les civières en falaise, je m'apprêtais à rentrer à la maison... C'était le premier exercice du SSF 83 de l'année. Nous venions de rentrer à la caserne des pompiers du quartier pour ranger le matériel. On attendait le camion sur le parking. J'avais déjà l'odeur du pastaga qui me chatouillait les narines et l'idée de prendre une douche qui éveillait mes sens. Il ne me restait plus qu'à débarquer les malles avant de rentrer chez moi... Pour une fois qu'on ne terminait pas trop tard ! Dommage, ce ne sera pas pour aujourd'hui ! Après 5 mn d'attente je vois débarquer, tout excité, un de mes CT adoré ! Dédé Roudaut me crie alors : "rocky on est appelé à la grotte des rampins, il y a un secours qui vient de démarrer" Adieu, le doux pastaga, la douche chaude et direction les Rampins ! Cette grotte est une des plus fréquentée du département. C'est la grotte d'initiation par excellence. Elle appartient au réseau Rampins-Planselves qui totalise environ 5 Km. J'ai eu la chance de participer aux premières et à la découverte du collecteur au début des années 90. Seul 800 m sont utilisés pour l'initiation. C'est une galerie d'environ 1,5 m de diamètre avec quelques rétrécissements, toboggans, escalades et salles. Si à ma connaissance aucun exercice n'avait été réalisé jusqu'à ce jour, nous supposions que la civière passait de partout dans la partie où sont réalisées les initiations. Ce ne serait pas la même problématique si un secours avait lieu ailleurs dans le réseau. Après 40 minutes de route, les premiers gyrophares éclairent la route d'accès à la cavité. Quelques virages et lignes droites plus loin, nous voilà arrivés au parking rempli de véhicules rouges et des voitures des journalistes qui sont déjà là ! (ils sont très forts, ils sont là avant nous !) Au milieu de tous ces uniformes je reconnais René Mattéoli un autre de nos CT, enfin un visage connu ! Je me rapproche de lui pour écouter les premières consignes. Au bout de 5 mn, il est rejoint par son frère Alain le CT en titre. Avec Denis et d'autres équipiers du 83, nous avons pour mission de rejoindre l'équipe du Grimp qui a équipé certains passages. Ils nous attendent pour réaliser l'intervention. D'après l'information que nous avons, la victime, une adolescente, qui s'est retrouvée subitement le dos bloqué, est située à 200 m de l'entrée ! Là le moral remonte, je me dis c'est bon. C'est une affaire réglée en 1/2 heure ! On part sous terre, on commence la progression à vive allure. Je sème mes coéquipiers pour rejoindre le soi-disant lieu de l'accident ! Je suis accueilli par un copain du Grimp qui est en train d'équiper un frein de charge. Là, j'apprends que la victime est à 600m de l'entrée ! Voilà qui change toutes les données du problème ! Je me dis dans ma tête "pourvue qu'elle ne soit pas derrière la voûte mouillante !" Le goût du pastis s'éloigne ainsi que la douceur de la douche ! Si j'ai envie de me baigner, c'est dans un bain chaud, pas dans l'eau froide de la vasque d'une dizaine de mètres de long qui donne accès à la suite du réseau.... Quelques instants plus tard, je suis au contact. Ouf, 2 mètres avant la voûte ! C'est avec plaisir que je retrouve des têtes connues comme de vieux copains du grimp ainsi que quelques têtes du 13...que j'avais croisées la veille sur le plateau de Siou-Blanc. Je ne les ai même pas reconnu sur le moment les prenants pour des pompiers. Je ne suis pas très physionomiste ! Ils nous attendaient pour la mise en civière. Cette affaire est rondement menée. Si la demoiselle souffre, elle est sous la surveillance d'une charmante doctoresse du SDISS... On balance quelques conneries, histoire de remonter le moral à la victime. Au bout de quelques instants on attaque l'évacuation. La première partie est étroite. Nous faisons glisser la civière sur les genoux. Tout se passe à un rythme très soutenu. Je dirige la manoeuvre avec Franck le responsable de l'équipe des pompiers. La civière enchaîne les passages, les doigts dans le nez ! Les étroitures ne nous posent aucun problème. La demoiselle a un gabarit qui va bien pour ce type de progression. Elle doit faire ses 60 kg tout mouillé. Je pense que le problème ne fut pas le même si elle avait pesée 20 ou 30 kilo de plus. Elle est à chaque fois passé au millimètre. ![]() Au bout d'une heure trente de progression sans encombre, on arrive à l'entrée où les flashs et torches des journalistes crépitent déjà. On la brancarde jusqu'au parking. ![]() C'est presque plus chiant que sous terre car les buissons de romarins et autres essences de la garrigues auraient tendance à s'accrocher aux combinaisons. Une fois au PC, une nouvelle équipe médicale la prend en charge. Sa famille est là et tout le monde est heureux ! Les pizzas et le café coulent à flot. Je me rassasie et vais me changer. Je me suis quand même trempé ! Après un rapide breafing, avec les responsables des pompiers et nos CT, nous sommes autorisés à quitter le site. Il faut dire que la collaboration Pompiers-Spéléos a roulé à merveille ! Cela fait très plaisir, ça n'a pas toujours été le cas ! On attend que le VSAB embarque la demoiselle, pour partir, car celui- ci bloquait le camion du SSF 83.... Je me dis alors que je vais enfin pouvoir retrouver ma tanière, après avoir rangé le matériel.... Nous prenons alors la route. Nous passons Méounes et Belgentier en longeant la vallée du Gapeau. Dans un virage, un accident vient de se produire. Une voiture a fait un tête à queue et penche dangereusement dans le vide au dessus de la rivière ! Ne voyant qu'une personne sur site, nous nous arrêtons à notre tour pour constater qu'il n'y a aucun blessé et que les passagers sont sains et saufs et se remettent de leurs émotions un peu plus loin... Une personne nous interpelle en nous demandant si nous avons des cordes. Ce en quoi nous lui rétorquons que nous avons 600 m dans le coffre ! il veut que nous tractions la voiture... Mais au vu du site et du danger que représenterait une traction de sa voiture dans ce virage exposé nous lui conseillons d'appeler la gendarmerie et une dépanneuse et reprenons notre route vers Toulon où nous pouvons enfin plier et ranger le matériel du SSF.... Je savoure maintenant mon 51en vous rédigeant cette petite bafouille avant d'aller profiter des douces caresses des effluves aquatiques bienvenues... Felip
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